Bangkok choc 1 : les transports
De longues
semaines au placard à revitaliser ses forces. Pas sûr. Malade depuis plusieurs
semaines je n’arrive pas à me dépatouiller d’un rhume et d’une toux. Tu vas au
bout du monde tu croises mille dangers et mille façons de choper des merdes bactériologiques.
Tu te vaccines, tu consommes du médoc comme du petit lait et c’est une simple
sinusite qui te cloue.
Bwef comme vous
le savez avec le Benjo on s’est quittés. Oh pas pour toujours mais cela nous
permet le temps d’une parenthèse de vivre les choses différemment. Pas mal d’aventures
depuis notre séparation pour lui comme pour moi. Dans ce post, pardon dans ces
posts je vous emmène dans un voyage dans le temps via planète Bangkok, je danse
le...
Pas évident d’évoquer
l’ambiance d’une ville en quelques lignes. On écrit des livres, on réalise des
docus et des memos. Je me demandais bien comment j’allais avancer. Je vais la
jouer thématique. C’est décidé. Et puis comme beaucoup sont déjà venus sentir
la modernité et la décadence de ce Léviathan urbain, j’attends avec impatience
vos commentaires.
Un choc. Voila
ce que fait Bangkok, elle martèle corps et esprit. On aime ou pas. Moi perso je
déteste la ville. Je ne suis pas un urbain. Le béton ça n’a jamais et ça sera
jamais mon kiffe. Par contre j’adore m’immerger dans ces ambiances pour en
ressortir quelque chose à écrire. Finalement j’ai loupé un créneau. Quoique je
le fais pour vous et pour moi après tout.
Faut bien
commencer par une rubrique et c’est la première à laquelle j’ai été confronté
quand je suis arrive du nord. Bim ! Mo
chit 2 terminal nord 5h00 du mat. Les bus sont coooolllll ici, du moins les
longues distances tous repeints, des graf'mobiles en quelque sorte. Certains
ont des supermans, d’autres des constellations. Bwef on a l’impression d’être à
la pointe du réseau. Sauf pour les bus urbains eux on sent clairement qu’ils
ont gardé les couleurs et le confort seventies.
Pour les bus
longues distances, surtout en cette haute saison, tu te retrouves parfois dans
des bus entièrement composés de petits blancs comme toi. On parle anglais en Thaïlande
? Ah bon ! Les bus VIP comme ils les nomment. Alors je ne sais toujours pas
mais j’ai la nette conviction qu’il y a carrément un réseau parallèle, voire
même un complot. Comment ca se passe ? Tu arrives dans un terminal et là tu as
une dizaine d’officines qui te proposent ton trajet mais toutes t’orientent
vers celle portant la mention VIP. Je ne pense pas que ça soit grâce à mes
frusques et mon sourire 22 bis que j’ai droit à ce sésame. Surtout que tu te
rends vite compte que le tri se fait entre thaï et touristes. Impressionnant.
Une fois dans le bus, c’est du classique : clim’ à fond (raison de ma maladie
permanente), la télé avec des clips pop thaï et puis des incitatrices
comprendre des miss sourires si peu sincères que t’en oublierais presque que tu
es justement au pays du sourire. Le plus drôle c’est que le conditionnement est
incroyable dans ces bus où tout est programmé, surtout ceux de nuit. La télé
fonctionne jusqu’à 22h même si tout le monde a envie de dormir. Jai essayé d’être
délicat mais au bout d’un moment tu abandonnes et tu regardes ça avec une envie
de tout casser. A minuit annonce micro, les lumières se rallument : c’est la
pause repas. La première fois tu descends hagard et tu suis la foule. La deuxième
tu ronques et tu t’en steak. Ensuite, tu peux dormir jusqu’au petit matin avant
d’enchainer cinq ou six connexions, on dispatche, personne n’a la même destination
alors on regroupe avant d’éclater et ça dure, dure mais tu en rigoles à force.
Et de voir tous ces touristes un peu paumés moi ça me suffit.
A Bangkok, les
bus c’est autre chose. Je n’ai pas encore bien compris le système. Certains tu
payes d’autres c’est gratis mais pour savoir qui est qui il faut être initié.
Ils vont partout et sont peu chers. Pareils il y a de la clim’ mais y’a surtout
du thaï, de l’authentique et ça c’est fun. Dans ces bus vous verrez toujours un
couple : le chauffeur et la vendeuse de tickets avec une boite cylindrique.
Elle te vend un ticket qu’elle aura déchiré préalablement cinq ou six fois.
Encore aujourd’hui je me demande pourquoi.
![]() |
| Y'en a plus beaucoup des cyclistes... mais ils sourient ! |
Résultat tu
visites des sites prévus dans le circuit mais tu fais aussi la tournée des
tailleurs du coin (pour monsieur) et des bijouteries (pour madame). Les
tailleurs indiens et les bijoutiers mi-juifs mi-chinois. Tous de mèche. Ils
payent la gasoline aux tuktuks pour qu’ils leurs emmènent de la clientèle. C’est
à mourir de rire. Chez le tailleur dès que je montrai un quelconque intérêt
pour une coupe ou une couleur, le mec m’annonçait direct le prix et la réduc, pour toi mon ami rien que pour toi. Rien
que pour moi tu me la ferais pas gratis ? Pas d’humour l’indien. Côté
bijouterie c’est pas mal on se laisse tenter, comment en serait-il autrement.
Je demande pour une boucle d’oreille or blanc 18 carats (pour à peu près 70
€ la paire en France vous avez quelque chose). La vendeuse me regarde et
avec son sourire légendaire me dit 12 000 bahts la boucle d’oreille (environ
300 €) pour une 14 carats. Bah voyons.
Apres ce coup
fumeux, tu peux prendre les taximeters.
Colorés eux aussi avec une dominante pour le rose. La aussi il y a quelques
astuces pour pas se faire enfumer. Car c’est un combat régulier pour leur faire
comprendre que taximeter signifie, deux
points ouvrez les guillemets : « la course est décomptée par le meter ».
C’est gavant parce que t’es blanc, le mec pense que t’es blindé. A force tu
deviens méfiant et parano avec tout le monde. Maintenant je rentre dans le taxi
je lui dis la destination et s’il ne lance pas le meter au bout de cinquante mètres je descends au prochain arrêt.
Une fois je me rappelle j’en ai même fait criser un. Il faut quand-même rappeler
que la Thaïlande est un pays majoritairement bouddhiste, les gens sont calmes
et s’énerver est vu comme un déshonneur. Pas peu fier le Gabert. Ceux qui me
connaissent savent à quel point j’ai un talent incomparable dans ce domaine
malheureusement ça rapporte que dalle à part des emmerdes. Pas super pour croûter.
Nous voila
partis avec ma belle, direction l’office d’immigration, on se prend un café
dans un lolo. Le Gus nous le dit tout net, attention aux taxis parfois ils vous
font passer par l’autoroute et vous payez soixante bahts en plus aux
autoroutes, demandez lui de passer par le voie normale... Dix minutes après ca
manque pas. Je le signale au taxi, gentiment avec classe et dignité^^. Boum le
mec ressort des biftons de sa poche et se met à beugler en thaï. Je comprends
rien à part que le mec voulait simplement nous faire gagner du temps. Un taxi
honnête, avouez que ce n’est pas commun. Résultat, il faut parfois être bon
perdant. On reste avec lui jusqu’au bout et on le paye rubis sur l’ongle. A la
limite de m’excuser de pas pouvoir lui donner plus.
Le train est
aussi une belle expérience. Nettement plus hygiénique que la chine (je ne vois
pas comment on peut faire pire). Mais faut du temps. Parfois deux arrêts sur
cent mètres. Ça roule dans la campagne, fenêtres ouvertes parfois tu manges des
cendres d’un écobuage local. Mais c’est vraiment le moins cher et puis pour
être au plus près des thaïs y’a pas mieux. Je l’ai testé de retour du Cambodge
après avoir renouvelé mon visa et j’avoue que je n’ai pas été déçu. Des
cambodgiens venus voir leur famille de l’autre côté, des joueurs ruinés par les
casinos de Poipet (j’y reviendrai), quelques touristes, des vendeurs de
saucisses et boulettes de viandes. Bref un petit monde.
Le vélo. Le
quoi ? Ouais tu sais le truc qu’on loue aux touristes parce que ça fait cool de
se rappeler qu’on a des jambes et qu’on peut se déplacer avec. A part ça t’en
vois très très peu.
Non question
deux roues, celui qui tient la dragée haute c’est le motorbike. Chaque thaï ou presque en a une et puis elles servent
aussi de taxi au moment des embouteillages (c’est a dire tout le temps^^). Ce
n’est pas plus cher (ça dépend de ta couleur de peau) et pratique. Débouler à
70km/h sans casque sur les avenues, c’est fun.
Tu as encore du
choix. Eh ouais mec. Bangkok c’est quinze millions d’habitants peut être plus
(ça fait longtemps que dans les villes comme Bangkok on a arrêté de recenser).
La ville s’étend sur des kilomètres. Résultat tu as le métro, le BTS (métro
aérien) et deux autres lignes de métro aérien spéciales pour l’aéroport. Rien
qui fasse sauter une braguette, tu peux retrouver ça dans d’autres villes. Le plus
marrant c’est à l’intérieur que ca se passe : surclimatisés, tv débile et
hypnotisante, les usages avec Samsung, Iphone et autres tablettes. Spectacle délirant
de l’individualisation systématique voulue par qui ? Par tout le monde ? Bref c’est
froid, sans âme. Ça fout les jetons. Et pourtant, la Thaïlande est relativement
tolérante en matière de mœurs. Quand tu prends le temps de regarder les gens
dans le métro tu vois la variété, la couleur mais plus personne n’ose parler à
personne excepté par procuration. C’est rassurant tu peux couper quand tu veux.
Tout le monde peut jouer un peu à Dieu. Autre aspect qui fait flipper : avant d’entrer
dans le métro tout le monde est aligné bien sagement, ça bouge pas même aux
heures de pointe. Personne ne bouscule personne. C’est horrible ! Des
automates. Au moins à Paris, la femme enceinte ne se sent jamais autant en vie
une fois quelle a réussit à entrer dans le métro sans faire une fausse couche.
Partout tu peux
voir des panneaux il est interdit de...
et de... Tu oses même plus te moucher. Encore hier, j’avais soif. Soif
merde ! Tellement vital. Pas d’eau alors je me sors un yaourt liquide
juste devant un panneau : il est interdit de consommer et de boire sur les
quais. Fais pas ci fais pas ça ou comment infantiliser en douceur.
Sur les quais
des BTS, tu peux à certaines stations profiter d’immenses écrans avec comme tu
t’en doutes des programmes éducatifs à propos de parfums, de vêtements, de
tablettes, d’autres TV. J’adore ces pubs TV où l’on parle de TV. Ça tourne en
rond, non ? Une qui est pas mal en ce moment à Bangkok : c’est un thaï
jeune, beau, riche et avec une carte platinum et la pub te fais clairement
comprendre qu’il emballe des miss grâce à sa carte. Putain mais mettez un
vilain à la place s’il chope grâce à la puce magnétique !
Si tu as envie
de changer d’air, tu peux toujours te faire une ballade sur les khlongs
(canaux). Deux choix, tu loues un long-tail
boat avec quelqu’un et tu t’arranges avec le pilote sur ce que tu veux voir.
Second choix tu prends le bateau public. Très économique. Par contre n’oublies
pas de prendre tes boules quies. Tu perds la moitié de ton audition en quelques
minutes tellement le moteur est bruyant. Et t’as plutôt intérêt à être agile et
rapide pour descendre sur les quais. Par contre c’est assez planant de voir la
vie le long des canaux. Des vielles bicoques de bric et broc, des zones pour
boxeurs thaï aguerris, des pécheurs, des espaces verts avec des thaï pratiquant
les échecs chinois, des renoues, des cordylines, des crotons, ... Bwef on se croirait presque à l’abri de la
ville.
Finalement le
meilleur transport pour découvrir l’âme d’une ville reste tes pieds. Mais ça
sera pour une autre fois.
Le frelon
d’or : Se poser dans
n’importe lequel de ces transports pour une destination pas trop prévue à l’avance
et engager la conversation ou simplement regarder défiler un morceau de la vie
des gens.
La pompe à
vélo : la clim’ et le
comportement automatisé des gens dans les différents métros.
Le fun de
la semaine : les
gardiens aux portiques de sécurité du métro qui m’arrêtent dès que je me
ballade avec la gratte alors que tout le monde passe. Au début inquiet que ça
soit une kalachnikov, tout sourire quand je leur détruis gentiment un morceau
célèbre.
Charpi
PS
Musical de Charpi : Lenny, de Stevie Ray Vaughan
PS
Musical de Benjo : Wafaring Stranger, de Emmylou Harris
PS
littéraire de Charpi : La zone du dehors, d'Alain Damasio
PS littéraire de Benjo : (fake) Lonely Planet du Vietnam^^
PS littéraire de Benjo : (fake) Lonely Planet du Vietnam^^
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