17 janv. 2013


Bangkok choc 1 : les transports

De longues semaines au placard à revitaliser ses forces. Pas sûr. Malade depuis plusieurs semaines je n’arrive pas à me dépatouiller d’un rhume et d’une toux. Tu vas au bout du monde tu croises mille dangers et mille façons de choper des merdes bactériologiques. Tu te vaccines, tu consommes du médoc comme du petit lait et c’est une simple sinusite qui te cloue.
Bwef comme vous le savez avec le Benjo on s’est quittés. Oh pas pour toujours mais cela nous permet le temps d’une parenthèse de vivre les choses différemment. Pas mal d’aventures depuis notre séparation pour lui comme pour moi. Dans ce post, pardon dans ces posts je vous emmène dans un voyage dans le temps via planète Bangkok, je danse le...
Pas évident d’évoquer l’ambiance d’une ville en quelques lignes. On écrit des livres, on réalise des docus et des memos. Je me demandais bien comment j’allais avancer. Je vais la jouer thématique. C’est décidé. Et puis comme beaucoup sont déjà venus sentir la modernité et la décadence de ce Léviathan urbain, j’attends avec impatience vos commentaires.
Un choc. Voila ce que fait Bangkok, elle martèle corps et esprit. On aime ou pas. Moi perso je déteste la ville. Je ne suis pas un urbain. Le béton ça n’a jamais et ça sera jamais mon kiffe. Par contre j’adore m’immerger dans ces ambiances pour en ressortir quelque chose à écrire. Finalement j’ai loupé un créneau. Quoique je le fais pour vous et pour moi après tout.
Faut bien commencer par une rubrique et c’est la première à laquelle j’ai été confronté quand je suis arrive du nord. Bim ! Mo chit 2 terminal nord 5h00 du mat. Les bus sont coooolllll ici, du moins les longues distances tous repeints, des graf'mobiles en quelque sorte. Certains ont des supermans, d’autres des constellations. Bwef on a l’impression d’être à la pointe du réseau. Sauf pour les bus urbains eux on sent clairement qu’ils ont gardé les couleurs et le confort seventies.
Pour les bus longues distances, surtout en cette haute saison, tu te retrouves parfois dans des bus entièrement composés de petits blancs comme toi. On parle anglais en Thaïlande ? Ah bon ! Les bus VIP comme ils les nomment. Alors je ne sais toujours pas mais j’ai la nette conviction qu’il y a carrément un réseau parallèle, voire même un complot. Comment ca se passe ? Tu arrives dans un terminal et là tu as une dizaine d’officines qui te proposent ton trajet mais toutes t’orientent vers celle portant la mention VIP. Je ne pense pas que ça soit grâce à mes frusques et mon sourire 22 bis que j’ai droit à ce sésame. Surtout que tu te rends vite compte que le tri se fait entre thaï et touristes. Impressionnant. Une fois dans le bus, c’est du classique : clim’ à fond (raison de ma maladie permanente), la télé avec des clips pop thaï et puis des incitatrices comprendre des miss sourires si peu sincères que t’en oublierais presque que tu es justement au pays du sourire. Le plus drôle c’est que le conditionnement est incroyable dans ces bus où tout est programmé, surtout ceux de nuit. La télé fonctionne jusqu’à 22h même si tout le monde a envie de dormir. Jai essayé d’être délicat mais au bout d’un moment tu abandonnes et tu regardes ça avec une envie de tout casser. A minuit annonce micro, les lumières se rallument : c’est la pause repas. La première fois tu descends hagard et tu suis la foule. La deuxième tu ronques et tu t’en steak. Ensuite, tu peux dormir jusqu’au petit matin avant d’enchainer cinq ou six connexions, on dispatche, personne n’a la même destination alors on regroupe avant d’éclater et ça dure, dure mais tu en rigoles à force. Et de voir tous ces touristes un peu paumés moi ça me suffit.


A Bangkok, les bus c’est autre chose. Je n’ai pas encore bien compris le système. Certains tu payes d’autres c’est gratis mais pour savoir qui est qui il faut être initié. Ils vont partout et sont peu chers. Pareils il y a de la clim’ mais y’a surtout du thaï, de l’authentique et ça c’est fun. Dans ces bus vous verrez toujours un couple : le chauffeur et la vendeuse de tickets avec une boite cylindrique. Elle te vend un ticket qu’elle aura déchiré préalablement cinq ou six fois. Encore aujourd’hui je me demande pourquoi.
Y'en a plus beaucoup des cyclistes... mais ils sourient !
Parfois à peine tu descends du bus et tu as un mec d’un mètre cinquante max qui se jette sur toi avec hello my friend, how are you ? where are you going ? i can help you ? Tu n’as pas répondu que déjà il a mis tes bagages sur son tuk tuk. Eh oui, la folie ces tuk tuk. Y’en a partout en ville mais surtout dans les zones où il y a du touriste. Le tuk tuk c’est folklorique mais c’est cher si tu veux aller où tu veux, dangereux et ça va plus vite. Tous les inconvénients et pourtant ils sont tout le temps pleins parce que une fois dedans c’est un voyage à lui tout seul. Les champions de l’arnaque déguisés en jolie package c’est eux. Ils ont d’incroyables histoires pour vous faire monter faire un tour. Alors le tour coûte environ un euro et prend deux à trois heures. C’est une arnaque pas chère. Près des sites que vous voulez visiter y’en a toujours un pour vous dire "non mais c’est fermé aujourd’hui, fête bouddhiste, ou c’est l’heure de la prière..." Je me suis fait avoir comme une bleusaille. Je sais qu’il faut vérifier, tu le sais merde qu’il faut aller à l’entrée du site et demander, croiser les sources. Mais tes là avec ta copine, c’est pas cher si tu vas où ils veulent, alors tu te dis bon après tout pourquoi pas.
Résultat tu visites des sites prévus dans le circuit mais tu fais aussi la tournée des tailleurs du coin (pour monsieur) et des bijouteries (pour madame). Les tailleurs indiens et les bijoutiers mi-juifs mi-chinois. Tous de mèche. Ils payent la gasoline aux tuktuks pour qu’ils leurs emmènent de la clientèle. C’est à mourir de rire. Chez le tailleur dès que je montrai un quelconque intérêt pour une coupe ou une couleur, le mec m’annonçait direct le prix et la réduc, pour toi mon ami rien que pour toi. Rien que pour moi tu me la ferais pas gratis ? Pas d’humour l’indien. Côté bijouterie c’est pas mal on se laisse tenter, comment en serait-il autrement. Je demande pour une boucle d’oreille or blanc 18 carats (pour à peu près 70 € la paire en France vous avez quelque chose). La vendeuse me regarde et avec son sourire légendaire me dit 12 000 bahts la boucle d’oreille (environ 300 €) pour une 14 carats. Bah voyons.

Apres ce coup fumeux, tu peux prendre les taximeters. Colorés eux aussi avec une dominante pour le rose. La aussi il y a quelques astuces pour pas se faire enfumer. Car c’est un combat régulier pour leur faire comprendre que taximeter signifie, deux points ouvrez les guillemets : « la course est décomptée par le meter ». C’est gavant parce que t’es blanc, le mec pense que t’es blindé. A force tu deviens méfiant et parano avec tout le monde. Maintenant je rentre dans le taxi je lui dis la destination et s’il ne lance pas le meter au bout de cinquante mètres je descends au prochain arrêt. Une fois je me rappelle j’en ai même fait criser un. Il faut quand-même rappeler que la Thaïlande est un pays majoritairement bouddhiste, les gens sont calmes et s’énerver est vu comme un déshonneur. Pas peu fier le Gabert. Ceux qui me connaissent savent à quel point j’ai un talent incomparable dans ce domaine malheureusement ça rapporte que dalle à part des emmerdes. Pas super pour croûter.
Nous voila partis avec ma belle, direction l’office d’immigration, on se prend un café dans un lolo. Le Gus nous le dit tout net, attention aux taxis parfois ils vous font passer par l’autoroute et vous payez soixante bahts en plus aux autoroutes, demandez lui de passer par le voie normale... Dix minutes après ca manque pas. Je le signale au taxi, gentiment avec classe et dignité^^. Boum le mec ressort des biftons de sa poche et se met à beugler en thaï. Je comprends rien à part que le mec voulait simplement nous faire gagner du temps. Un taxi honnête, avouez que ce n’est pas commun. Résultat, il faut parfois être bon perdant. On reste avec lui jusqu’au bout et on le paye rubis sur l’ongle. A la limite de m’excuser de pas pouvoir lui donner plus.
Le train est aussi une belle expérience. Nettement plus hygiénique que la chine (je ne vois pas comment on peut faire pire). Mais faut du temps. Parfois deux arrêts sur cent mètres. Ça roule dans la campagne, fenêtres ouvertes parfois tu manges des cendres d’un écobuage local. Mais c’est vraiment le moins cher et puis pour être au plus près des thaïs y’a pas mieux. Je l’ai testé de retour du Cambodge après avoir renouvelé mon visa et j’avoue que je n’ai pas été déçu. Des cambodgiens venus voir leur famille de l’autre côté, des joueurs ruinés par les casinos de Poipet (j’y reviendrai), quelques touristes, des vendeurs de saucisses et boulettes de viandes. Bref un petit monde.

Le vélo. Le quoi ? Ouais tu sais le truc qu’on loue aux touristes parce que ça fait cool de se rappeler qu’on a des jambes et qu’on peut se déplacer avec. A part ça t’en vois très très peu.
Non question deux roues, celui qui tient la dragée haute c’est le motorbike. Chaque thaï ou presque en a une et puis elles servent aussi de taxi au moment des embouteillages (c’est a dire tout le temps^^). Ce n’est pas plus cher (ça dépend de ta couleur de peau) et pratique. Débouler à 70km/h sans casque sur les avenues, c’est fun.
Tu as encore du choix. Eh ouais mec. Bangkok c’est quinze millions d’habitants peut être plus (ça fait longtemps que dans les villes comme Bangkok on a arrêté de recenser). La ville s’étend sur des kilomètres. Résultat tu as le métro, le BTS (métro aérien) et deux autres lignes de métro aérien spéciales pour l’aéroport. Rien qui fasse sauter une braguette, tu peux retrouver ça dans d’autres villes. Le plus marrant c’est à l’intérieur que ca se passe : surclimatisés, tv débile et hypnotisante, les usages avec Samsung, Iphone et autres tablettes. Spectacle délirant de l’individualisation systématique voulue par qui ? Par tout le monde ? Bref c’est froid, sans âme. Ça fout les jetons. Et pourtant, la Thaïlande est relativement tolérante en matière de mœurs. Quand tu prends le temps de regarder les gens dans le métro tu vois la variété, la couleur mais plus personne n’ose parler à personne excepté par procuration. C’est rassurant tu peux couper quand tu veux. Tout le monde peut jouer un peu à Dieu. Autre aspect qui fait flipper : avant d’entrer dans le métro tout le monde est aligné bien sagement, ça bouge pas même aux heures de pointe. Personne ne bouscule personne. C’est horrible ! Des automates. Au moins à Paris, la femme enceinte ne se sent jamais autant en vie une fois quelle a réussit à entrer dans le métro sans faire une fausse couche.
Partout tu peux voir des panneaux il est interdit de... et de... Tu oses même plus te moucher. Encore hier, j’avais soif. Soif merde ! Tellement vital. Pas d’eau alors je me sors un yaourt liquide juste devant un panneau : il est interdit de consommer et de boire sur les quais. Fais pas ci fais pas ça ou comment infantiliser en douceur.
Sur les quais des BTS, tu peux à certaines stations profiter d’immenses écrans avec comme tu t’en doutes des programmes éducatifs à propos de parfums, de vêtements, de tablettes, d’autres TV. J’adore ces pubs TV où l’on parle de TV. Ça tourne en rond, non ? Une qui est pas mal en ce moment à Bangkok : c’est un thaï jeune, beau, riche et avec une carte platinum et la pub te fais clairement comprendre qu’il emballe des miss grâce à sa carte. Putain mais mettez un vilain à la place s’il chope grâce à la puce magnétique !
Si tu as envie de changer d’air, tu peux toujours te faire une ballade sur les khlongs (canaux). Deux choix, tu loues un long-tail boat avec quelqu’un et tu t’arranges avec le pilote sur ce que tu veux voir. Second choix tu prends le bateau public. Très économique. Par contre n’oublies pas de prendre tes boules quies. Tu perds la moitié de ton audition en quelques minutes tellement le moteur est bruyant. Et t’as plutôt intérêt à être agile et rapide pour descendre sur les quais. Par contre c’est assez planant de voir la vie le long des canaux. Des vielles bicoques de bric et broc, des zones pour boxeurs thaï aguerris, des pécheurs, des espaces verts avec des thaï pratiquant les échecs chinois, des renoues, des cordylines, des crotons, ...  Bwef on se croirait presque à l’abri de la ville.
Finalement le meilleur transport pour découvrir l’âme d’une ville reste tes pieds. Mais ça sera pour une autre fois.

Le frelon d’or : Se poser dans n’importe lequel de ces transports pour une destination pas trop prévue à l’avance et engager la conversation ou simplement regarder défiler un morceau de la vie des gens.
La pompe à vélo : la clim’ et le comportement automatisé des gens dans les différents métros.
Le fun de la semaine : les gardiens aux portiques de sécurité du métro qui m’arrêtent dès que je me ballade avec la gratte alors que tout le monde passe. Au début inquiet que ça soit une kalachnikov, tout sourire quand je leur détruis gentiment un morceau célèbre.

Charpi

PS Musical de Charpi : Lenny, de Stevie Ray Vaughan
PS Musical de Benjo : Wafaring Stranger, de Emmylou Harris
PS littéraire de Charpi : La zone du dehors, d'Alain Damasio
PS littéraire de Benjo : (fake) Lonely Planet du Vietnam^^

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire