7 févr. 2013

Kampuchea

Prologue
Voila quelques jours que je suis entré au Cambodge et c’est difficile d’avoir un fil conducteur pour vous donner mes impressions. Ce pays est prenant, il vous ravage le cœur et la tête. Alors mieux qu’une écriture détruite par les dérives métaphysiques, voici une série de photos ; chacune étant accompagnée d’un petit texte. De quoi passer par toutes les émotions.


Sur la route au Cambodge, vous remarquerez souvent ces deux loustics. La motobike qui règne en maître ici, y compris dans les villes. La domination vietnamienne au siècle dernier n'y est pas étrangère. D'ailleurs c'est tellement prenant que je me suis laisé aller aux joies d'une petite 125 en attendant le Laos et le Vietnam. L'autre démon de la route ce sont ces camions ou minivans charges jusqu'à dégueuler de toute part. Sur la route de Kompomg Tom je me souviens de cette étrange conversation avec notre chauffeur de bus. Il roule comme un dératé klaxon enfonce en permanence des fois que les vélos aient une envie soudaine de mourir sous ses roues. Plus loin un accident, un camion vient de benner. Le chauffeur me regarde et dans un anglais approximatif me dit "routes mauvaises ici, pas bon pour conduite". No comment.



Il est 6h00, je pars courir le long du Mékong, ce fleuve mythique qui traverse l'Asie du sud-est de la Chine jusqu'au delta du Vietnam. Le soleil se lève, le spectacle est magnifique. Je m'arrête, le temps s'arrête. La musique coule lentement en moi. Juste derrière un petit muret. Deux femmes se réveillent. Elles dorment sous une tente au milieu des immondices et des rats. Sur le pont, qui enjambe le cours d'eau, le ballet des motobikes a commencé. Une journée de plus sur la Terre.








A cette époque de l'année, c'est l'hivernage. Sous les tropiques c'est une saison intermédiaire entre la saison des pluies et la saison sèche. Mais à Kompomg cham, il fait très chaud. C'est dimanche, les rues sont vides, la poussière est partout. On cherche un refuge. J'ai trouve le mien dans le hall de notre hôtel.
Une belle invitation à la méditation. La pause dans le voyage. Moment essentiel pour vaincre l'immobilité.









Ce matin, la journée avait bien commencé, j'ai parlé avec la fille que j'aime. J'ai bouclé mon visa vietnamiem et puis je suis arrivé à cette ancienne école que les Khmers rouges ont transformé en un centre de détention et de torture.
Le S-21 est maintenant un lieu de mémoire. Un lieu qui nous rappelle que des hommes ont décidé d'abandonner leur humanité en détruisant celle des autres. Pour moi le moment le plus dur a été cette salle ou l'on peut voir les biographies des têtes pensantes du régime. Un des paragraphes est consacré aux avocats (l'un d'eux : Jacques Verges, ami proche de Kamphan Sieu numéro 2 du régime) qui les ont défendus.
Non ! On ne peut pas les défendre.
Oui ! je suis pour la peine de mort.














Les moments heureux existent aussi et je suis très optimiste de nature. Le jeune m'a vu pas bien après la visite du musée. On s'est offert quelques parties de billard. Ici c'est la folie avec la "petang". Parait qu'au Laos c'est la même. Les "bienfaits de la colonisation"... Je ne sais pas si c'était dans le texte de loi. Bizarrement les cambodgiens parlent avec nostalgie de la période coloniale. C'était pour eux une des rares périodes de paix. La "pax francesca". Mince alors ! Les maliens apprécieront.

Charpi

5 févr. 2013


Thaï toi vite

Vous l'avez compris, c'est double ration de posts en ce moment. Il faut dire qu'avec le Benj' on s'assène plume sur plume. Je ne sais pas, les meilleurs ont toujours fonctionné par paire. Une coopétition en quelque sorte. Moi j'aime bien ça me permet d'être avec mon pote.
Alors un petit dernier sur les routes Thaï. Ne vous fiez pas au titre, il est ambigu. Je voulais faire un melting-pot de mes impressions, de mes rencontres et des bons plans ou mauvais pour ce pays qui reste é-pous-toufant à plusieurs égards. Un post utile j'espère pour toutes celles et ceux qui souhaitent venir ici.

Moi si je devais citer un endroit qui m'a bluffé et fait sauter un tant soit peu la braguette, je dirais Bangkok. C'est une ville détonante. C'est un passage quasi obligé au moins pour ceux qui arrivent par les airs. Gratter le vernis de la première impression, vous pouvez passer d'incroyables jours ici tant il y a à voir. La plupart des touristes avec qui j'ai parlé vivent dans des villes et c'est hallucinant l'image négative qu'ils avaient de Bangkok. « Ouais tu visites le wat pho, le wat phra kheo, à la rigueur le wat arun. Tu fais un tour sur les khlongs, tu fais du shopping et après ? What else ? ». Bah tu prends tes deux pieds et tu te perds, tu discutes avec des gens que tu croises, tu utilises tes sens. Tu restes un peu pour sentir vibrer tout ce bordel urbain. Certes pour une quinzaine, c'est pas évident de se dire tiens je vais aller en Thaïlande et rester à Bangkok. Quoique j'ai rencontré une meuf dont le frère est venu en Thaïlande l'année dernière avec l'idée d'aller un peu partout. Il est resté à Bangkok sans regrets.
J'espère qu'à force de nous lire vous avez pigé que les représentations sont comme un voile d'ignorance et elles nous empêchent souvent de nous transcender. Bien sûr la plage, les îles, les cocotiers. Mais sur une plage on s'emmerde et puis ici comme ailleurs j'ai rarement vu des gens se baigner encore moins nager. Si c'est pour bronzer pas la peine de partir aussi loin. On part en vacances et en voyage avec au moins un objectif commun : découvrir. A Bangkok vous allez en prendre plein la gueule. Autre argument pour me faire confiance, je déteste les ogres urbains. Ceux qui me connaissent le savent.

Ecrans géants, fils élécriques, traditions... Bangkok !

A Bangkok il y a des millions de personnes et beaucoup viennent des campagnes. La diversité des peuples, des attitudes et des modes de vie est phénoménale. En plus c'est vraiment une ville polycentre. Il y en a pour tous les goûts.
Petit tour d'horizon. Tu aimes l'ambiance backpacker, rue de la soif et tatoo à gogo. Alors Khao san est pour toi. Après tu peux aussi trouver des coins hyper tranquilles et sereins même dans ce secteur mais ça prend du temps. Accolé à Khao san au sud. C'est le quartier indo-chinois (elle est bonne celle là).  Un conseil : venez vous perdre ici au couchant et durant la nuit. De l'autre côté des rives, vous avez le Bangkok historique avec du thaï 100%. Par contre question transport c'est un peu tendu. Le BTS (métro aérien) et le subway ne viennent pas dans ces trois quartiers. Vous aurez à faire aux tuktuk, taximeters et bus. Optez pour les bus clairement. Quitte à manger du trafic jam autant le faire en conversant avec les locaux. Un truc rigolo : ici on fait même du business avec des tee-shirts « today no tuktuk, no massage » ou encore « no money, no honey ». Bref quand un truc qui vous tape sur le système devient un truc cool... Gangnam style.
Le secteur « shopping mall ». Pour vous mesdames et même pour les mecs, c'est intenable tant la tentation est forte. Si vous êtes branché shopping. Si vous doutez encore sur votre capacité à renouveler toute votre garde-robe, votre mobilier, votre électronique en payant un billet d'avion, ne doutez plus, chai possible. De Victory Monument à Silom en passant par Baiyoke, Pratunam, Pantip plaza, MBK et le Siam. Vous trouverez tout et pour pas cher. Et cerise sur le gâteau vous pourrez négocier. Ici le client est roi. Ça change de la France, je vous le dis. Les soldes c'est toute l'année. Certes il faut prendre le temps pour associer prix et qualité. Mais le rapport avec les commerçants est bon enfant. Pas du genre « aaah méééé maddaaammee, ici c'est Gucci pas une épicerie ». Ici toutes les marques sont rabaissées à ce qu'elles sont vraiment : de simples objets de consommation à durée limité. On achète tout et n'importe quoi à un prix dérisoire sans se soucier de LA marque. Quel pied-de-nez !! De même quand vous repartirez pensez à garder vos tickets d'achats afin de vous faire rembourser la T.V.A. de 7%, ça se fait à l'aéroport. Pour les détails vous chercherez par vous-même, je ne suis pas guide.
Si votre délire c'est l'animation nocturne, il faut se prendre au jeu de quelques quartiers dits « chauds ». Réputation sulfureuse : Sukhumvit, patpong, huai Kwang. Ces noms là vous les apprendrez très vite ils sont dans l'air en permanence. Zone des expat' pour le premier, vous trouvez aussi les bars gogo-girls, les parlours où sont pratiqués le massage thaï « full-body » ouais ouais j'ai bien dit « full ». Patpong a deux intérêts bien distincts un night bazar et pour les sportifs des cours de ping-pong sont disponibles, par contre ça se joue sans raquettes, vous verrez. Enfin Huai Kwang est un secteur de sortie genre night club. La fameuse RCA n'est pas loin. Une rue entière consacrée aux bars, musiques et boîtes. Ca vaut le détour. Ne serait-ce que pour voir comment les thaï s'amusent. J'ai fêté Noël là-dedans. Euh ouais ils fêtent aussi Noël (pour ceux qui pensent encore dur comme fer que c'est une fête chrétienne). 
Moi perso, y’a un quartier que j'aime bien. Je trouve qu'il regroupe tout et qu'il est fonctionnel pour les déplacements, c'est le secteur de Lumphini park. Y’a tout. Les marchés de secteur, les street-foods mais pas celles gavés de touristes, non là vous êtes avec les locaux. Le métro qui vous permet de rejoindre rapidement une grande partie de Bangkok y compris la gare de Hua Lampong (départ pour le sud par train) ou encore le terminal de Mochit 2 (départ pour le nord). Le parc. C'est bon un parc dans une ville ça permet aussi de voir les locaux dans un autre contexte. Je passais une partie de mes soirées là-bas avec des jeunes et des vieux à faire des exercices, du tai-chi, quelques passes de muay thai.

Un peu d'exercice ?

Et puis il y a quelques moment bien fun. Comme les cours d'aérobie avec des centaines de personne aux entrées. Un brin de femme sur une estrade, de la pop et c'est parti. Les bodybuilders thaï ont aussi leur coin. Pour 50 centimes d'euro tu te fais ta séance. Qui dit mieux ? J'étais au parc toujours pour six heures car à cette heure là il y a une espèce de rituel pour le roi. L'amour qu'ils ont pour ce roi c'est un truc de ouf malade du brésil qui chante. Le culte de la personnalité aux oubliettes. On le voit PARTOUT. Enfin près du Lumphini, il y a aussi un des deux stadiums pour les amateurs de muay Thaï. Ca coûte une blinde pour les touristes entre 25 et 50 euros (quand on sait qu'un repas coûte 1 euro). Bien sûr les locaux ne payent pas ce prix. Il y a des combats partout en Thaïlande. A vous de voir.
Un des trucs sympas à faire à Bangkok c'est de grimper tout en haut de le tour Baiyoke, vous ne pouvez pas la manquer c'est le plus haut bâtiment de la ville, et profiter de la vue. C'est un peu cher mais ça vaut le coup spécialement la nuit tombée.
A un moment vous aurez envie de changer d'horizon, de quitter l'effervescence urbaine. Là vous avez deux options le nord pour trekker et suivre les traces des cités historiques ou plonger au sens propre comme au figuré dans le sud.
Parlons un peu du sud. C'est plein de gens, faudra être prêt. Moi ce n’est pas trop mon délire, je n’apprécie pas ces ambiances. Dur de se distancier. Les prix s'envolent par rapport au reste du pays. Prenez le temps de bien choisir où vous voulez aller. Quelques astuces : en Thaïlande vous pouvez tout faire par vous-même spécialement les déplacements, il y a toujours un bus... toujours. Je suis convaincu qu'il y a un réseau parallèle pour aller dans le sud, un pour les toutous et un pour les locaux. Rendez-vous directement aux terminaux et acheter votre billet au guichet. Partez du principe que tout le monde travaille pour une agence.
Pour l'hébergement, pas la peine de réserver quatre mois à l'avance. Attendez d'arriver à destination. Par exemple vous voulez aller à kho phi phi, l'astuce c'est de regarder sur le comparatif hostelcombined (qui regroupe tous les opérateurs) une fois arrivé sur place et de réserver à partir d'internet, les hôtels proposent de sérieuses réduc' pour faire le plein c'est bien plus intéressant et surtout ça vous permet de checker votre hôtel directement histoire de voir si le produit correspond sur le net et localement comme ça pas de surprise. Vous aurez toujours une chambre.
Pour le sud, les destinations sont multiples. Tout dépend ce que vous recherchez, perso une part de tout ça m'a gavé pour l'autre il y avait Mag' avec moi, ça compte. Sachez que même à Phuket ou Ko Samui vous pouvez trouver des coins cool et beaux. Soyez indépendants et fonctionnez à l'envie. Plus jamais je ne me ferai avoir par le « c'est à faire ». Je vais bientôt passer au Vietnam et bah la baie d'Along, je vais la zapper certes c'est un mythe... oui ce n'est plus qu'un mythe !!. Y'a mieux ailleurs.

Si tu trouves pas tout ce que tu veux à Bangkok, c'est que tu n'y mets pas de la bonne volonté;

Pour ceux qui recherchent un contact un peu plus authentique et nature. Il y a le nord. Mais je ne connais pas. Peut-être plus tard et je pourrais vous envoyer quelques infos. En tout cas dans un rayon proche de Bangkok, j'ai bougé dans le parc Khao Yai il est classé à l'UNESCO. Superbe !! Campez à l'intérieur est le top pour se ressourcer. Pleins de singes, de cerfs, parfois des éléphants sauvages, tigres, ours, serpents et mygales. Cinq jours là-bas. Et ça envoyait. Évitez le week-end, les campings sont pleins de gens de Bangkok. Vous pouvez louez du matos pour dormir au sein du parc. Températures entre 12°c et 26°c. C'est de la moyenne montagne.
Certes il faut être chanceux pour voir les éléphants, je l'ai été. C'est autre chose d'en voir un à l'état sauvage. C'est si rare aujourd'hui. Partout en Thaïlande, vous serez tenté par des ballades en éléphants. Sachez que chaque possesseur d'une de ces bêtes s'est lancé dans le tourisme business. Au pays des éléphants, vous serez sur les dents de voir comment ils sont traités. Ne participez pas à ce massacre. Ceux qui sont allés en Amérique du sud on pu voir la même chose mais avec les chevaux. Choisissez un véritable centre de conservation quitte à payer le double. Peut-être ne pourrez-vous pas grimper sur sa tête mais au moins vous prendrez un bain avec lui, vous le promènerez avec une laisse (faut pas déconner)... et surtout vous apprendrez sur la bête. Au lieu de voir un édenté qui joue les pauvres en Lexus qui assène des coups de pics dans les pattes de sa bête pour qu'elle avance.
Revenons au parc, où une anglaise qui était là au même moment que moi a pu observer une famille d'ours lors d'une ballade. Par contre la politique des prix est scandaleuse. Les étrangers payent 10 fois plus que les locaux. Quand je pense que j'étais un des rares à entrer à pied. Ils m'ont même sucré ma gratte au passage pour ne pas faire de bruits et effrayer les bêtes. Vaste blague !! Les voitures ça ne fait pas de bruit, c'est bien connu. Sur place, ne manquez pas la « bat dance ». Ce n'est pas forcément le plus impressionnant mais c'est étonnant. Et en voyage on a besoin d'être étonné. 
Au nord de Bangkok, vous pouvez passer une journée à Ayuttaya. Certes ce n'est ni Tikal, ni le Machu picchu, ni Angkor wat, ni même Sukkutai mais ça vaut le coup. 1H30 en bus, et vous pouvez louer des vélos. Truc à la mode partout sur la planète dans les pays en mode écotourisme. On loue des vélos de merde à des touristes pendant que tous les locaux ont échangé leurs trotteuses contre des motorbike. Eco-tourisme. Personne ne vous a dit que éco c'est pour économie. Bwef au moment de votre arrivée dans la cité historique, ne vous précipitez pas sur les premiers temples venus. Les plus beaux se trouvent dans la nouvelle ville, un peu à l'écart. Pour les noms, regardez un plan de la ville, ils sont au sud-est proche l'un de l'autre. En plus ils sont moins chers que les autres.
Je pourrais parler de la Thaïlande pendant des heures. J'ai écrit ce post à l'instinct avec ce qui me venait à l'esprit. J'ai certainement oublié plein de choses. Sachez que j'avais beaucoup d'a priori sur la Thaïlande avant d'y venir. Je peux dire maintenant que j'y reviendrai sans problème. Car une des choses à découvrir c'est les thaïlandais eux-mêmes. C'est le pays le moins cher de la zone aussi bizarre que ça puisse paraître, mais j'ai la Chine, un peu du Laos et le Cambodge actuellement en comparaison et je confirme. Certes il faut éviter certains écueils (agences, rabatteurs, faux bons plans all-inclusive...).
Pour tout ceux et celles qui veulent d'autres news pratico-pratique, n'hésitez pas à consulter ma messagerie personnelle mathieu.charpillon@gmail.com; mon équipe et moi-même sommes à votre disposition pour vous rendre votre séjour inoubliable. Plusieurs formules sont proposées. Et surtout... surtout juste pour toi rien pour toi mon ami je peux te faire un bon prix pour que nous soyons heureux tous les deux. N'attends plus et Thaï toi vite pour venir goûter aux délices du Siam.

Le frelon d'or : Mes quinze jours avec Mag'... 
La pompe à vélo : Si vous allez à Kho Phi phi pour voir la plage de La Plage... vous vous êtes trompés de chemin. A la rigueur, revoyez le film, ça ne vous coûtera que deux heures d'ennui repas compris.
Le fun de la semaine : Une séance de sport dans le parc Lumphini. Autour de moi ça court, marche, papote. J'entends le doux son de la fonte. Et puis le haut-parleur annonce un truc en thaï que je ne comprends évidemment pas. Puis vient l'hymne du roi et le national. Je suis le seul en mouvement, à continuer alors que tout le monde, je dis bien tout le monde s'est arrêté en hommage au roi. A la fin un thaï, mort de rire en me voyant, m'a affranchi. C'est bluffant et c'est tous les jours dans tous les lieux publics. Je n’ai pas testé dans un « shopping mall ». A vous de jouer.

Charpi

PS Musical de Charpi : La fièvre, de NTM
PS Musical de Benjo : Arabesque n°1, de Claude Debussy

29 janv. 2013


Goooooooood morning Vietnam !

Titre facile me direz-vous mais parfois faut pas se prendre la tête. Surtout que je viens de me revoir ce film dans le train entre Da Nang (centre du Vietnam) et Ho Chi Minh City (HCMC ou Saigon, sud du Vietnam), et ça fait tout bizarre de le voir dans ce pays. Je n’étais pas là à l’époque mais simplement de voir ces ambiances de rues, ces paysages, ça rend joliment nostalgique avant d’en être sorti. J’ai aussi dans mon ordi Voyage au bout de l’enfer et Apocalypse now que je me réserve pour un peu plus tard.
Eh oui je regarde ces films car pour moi le Vietnam c’est l’occupation française, la baie d’Halong et la guerre US, et pis c’est tout. Ça fait beaucoup de conflits mais c’est ce qu’il me venait en tête avant de débarquer. J’ai passé un peu plus de trois semaines au pays, entre le froid du nord (Sapa, Hanoï, baie d’Halong), le temps parfait du centre (Hue, Hoi An) et le Sud chaud mais pas pire (Saigon, delta du Mékong).
Beaucoup de choses m’ont marqué, mais je ne compte pas vous ressortir l’intégralité de mes découvertes et humeurs ça serait un peu long. Je vais simplement vous donner les impressions du touriste que je suis (presque) redevenu, vous apporter quelques réponses à mes interrogations sur le passé tumultueux du pays et vous parler de nourriture, car ça c’est le top.
En passant la frontière depuis Hekou en Chine à Lao Cai, au Vietnam, on perçoit la différence instantanément. Je traverse un pont sur le Fleuve Rouge et le décor change : des motobikes surchargées de marchandises, des chapeaux coniques (le Non la, fait de palmier et bambou), une église, le retour de l’alphabet (presque) latin, des gamins, bœufs et poules au milieu des routes… Me concernant, un premier moto-taxi jusqu’à la gare de bus pour entrer de plein pied dans ce pays. Ça décoiffe.

Me voila donc redevenu (quasi) touriste. Ceci étant du avant tout au pays, qui en regorge. J’ai croisé plus de foreigners que les cinq derniers mois réunis. Par foreigners, comprenez blancs, et une dizaine de blacks aperçus depuis trois semaines, pas plus, pour les autres asiatiques ça compte pas -désolé. Donc pas vraiment moyen de se cacher, de passer pour un aventurier ; c’est cuit, je suis fondu dans la masse. En parlant avec des australiens ou israéliens (il n’y a que ça dans le nord-ouest) je me rends compte qu’il n’y a pas tant de voyageurs au long cours que ça… En Asie centrale, on ne croisait que des tourdumondistes, là je me sens bien seul. Qui dit foreigners dit business pour les locaux. Ça aussi ça change, on nous prend pour des walking ATM (distributeurs de billets ambulants), on nous affiche les plus beaux sourires mais… mais je n’suis plus habitué les gars ! Par la force des choses, je m’y refais bien. Si je suis de bonne humeur et si le vendeur est sympa je réponds avec un beau 22 bis voire de l’humour sincère, sinon je m’abstiens de toute riposte.

Minorité Hmong du nord-ouest, au marché de Bac Ha

Je fais donc un peu plus mon vacancier à suivre quelques tours organisés, à fréquenter les bars à blancs (pas le vin malheureusement, pas encore), et mon vietnamien reste assez pauvre car tout le monde répond en anglais. Je tiens à signaler ici que l’accent des locaux parlant en anglais est parfois vraiment poilant, on dirait un sketch des Inconnus. C’est un peu comme entendre l’accent québécois mais avec une belle pluvalue asiatique.
Certains touristes croisés se plaignent de locaux peu souriants. J’ai constaté tout le contraire. Certes beaucoup sont souriants dans l’espoir de te vendre un t-shirt I Love Vietnam, un banh bao (sorte de brioche vapeur fourrée ou non), ou un mini Bouddha en bambou, mais beaucoup d’autres le sont naturellement. Et même ces sourires attrapes-touristes sont beaux à voir, perso ça m’a plu.
Et là je transite subtilement vers la politique. Passer du sourire à la politique, pas évident me direz-vous, mais justement. A croiser tous ces visages jeunes et accueillants, on imagine mal la privation de liberté dont ils sont victimes. Comment afficher ces visages avec ce qu’ils endurent ? Certes, la pauvreté et la dureté de la vie à la campagne ou en ville est bien présente, on la voit, mais la gentillesse des gens semble prendre le dessus. Et j’ai ouïe dire que c’est encore mieux dans les pays voisins ! Pourquoi ai-je alors cette impression ? Peut-être suis-je de bonne humeur ce matin, ou alors c’était vraiment désagréable dans les pays précédents, mais je ne crois pas.
Au-delà de cette gentillesse, c’est peut-être aussi une force qui ressort de ces visages.
Eh oui le Vietnam, pays touristiques avec ces plages truffées de russes (pour ce qui est de Nha Trang), Halong Bay, sa nourriture et son architecture, est tout de même géré par une petite dictature communiste, un peu comme en Chine. Pas de parti d’opposition comme ça pas de souci. La censure est en partie présente, Facebook, Le Monde et d’autres sites sont parfois bloqués. Tû (prononcez To-ou, et désolé pour l’accent c’est un bordel y’en a une palanquée ici), réalisateur et pote pour quelques jours à Hoi An, est étroitement surveillé tout comme ses films, ses publications sur internet et dans les magazines. DJ à ses heures, il avait monté un film pour le fond de scène, avec des images d’émeutes, de manifs etc. Après un premier avertissement non reçu, il a été prié de plier les gaules, et de rentrer dans le rang sous peine de représailles sévères. Ça l’a calmé malheureusement, mais c’est bien compréhensible. Il m’expliquait que le gouvernement menait une politique de massification et essayait de tuer dans l’œuf toutes les initiatives individuelles. Pas moyen de s’affirmer individuellement, tout doit passer par une association ou un groupement de personnes. Même les pop-stars sont rarement en Une des journaux. Faut suivre la route dictée par le parti, que personne ne s’affirme, éviter les vagues. Cependant j’ai ouïe dire que le gouvernement commençait à lâcher du lest… pourvu que ça dure. Et contrairement à l’Iran par exemple, on ne les prend pas pour des terroristes, c’est déjà pas mal, merci pour eux.

Intermède live : par la fenêtre du train défilent des champs de riz jusqu’aux lointaines montagnes d’un côté et la mer de l’autre, et ça bosse à l’ancienne, avec le bœuf, la charrue et les mimines. Paysage de carte postale, mais pour les locaux c’est du quotidien.

Baie d'Halong

Comme je vous le disais, le Vietnam c’était pour moi les films américains et l’occupation française. Cette dernière a duré quasiment un siècle, s’est terminée à Dien Bien Phu en 1954, sous l’impulsion des Viet Minh, partisans de Ho Chi Minh. Le pays est alors divisé par le 17ème parallèle, avec les communistes au nord (Hanoï) et rapidement, au Sud (Saigon), les américains, qui débarquent pour enrayer la propagation de ces idées pernicieuses dans une région déjà bien trop rouge (« jaune » dirait OSS 117). J’espère ne faire trop de bévues historiques, j’ai un peu la pression vu le pédigrée soixante-huitard de certains lecteurs.
Je continue. Le bourbier vietnamien aura raison en 1973 des GI Yankee, qui rentreront à la maison (Sweet home Alabama) non sans offrir un dernier cadeau : 15 000 tonnes de bombes sur Hanoi, avant le nouvel an 73. Bonne année ! Sur ce, les Viet Cong (Vietnamiens Communistes) reprennent le Sud du pays et celui-ci est enfin réunifié en 1976. S’en suit une invasion rapide du Cambodge de Pol Pot et ses Khmers Rouge, pour calmer leurs vues sur le delta du Mékong. Ils en ont assez me direz-vous, eh bien non ! Ils doivent répondre à l’invasion chinoise dans le nord du pays, venu défendre Pol Pot. Et c’est là qu’on voit que le viet ne lâche rien ! Ils les ont vite renvoyé chez eux, comme ils les avaient déjà renvoyé après un millénaire d’occupation, avant l’an mil. Et c’était donc le moment 2000 ans d’histoire, avec Patrice Gelinet, tous les jours de 13h30 à 14h sur France Inter.
Avec ce passé tumultueux (ils ne sont officiellement plus en guerre en 1989 après l’évacuation du Cambodge), je me disais qu’il y aurait un certain ressentiment, une animosité envers les français ou américains. Que nenni grand diable bien au contraire. La France est appréciée aujourd’hui pour ce qu’elle a apporté en termes de culture, d’architecture, de nourriture, de modèle social. Pour les US, il y a toujours ce rêve américain qui fonctionne et qui attire. Mais surtout, les ricains sont appréciés car ils sont une puissance d’opposition à la Chine voisine, comme les français ont été un rempart à cette Chine pendant une longue période. Les vietnamiens ne peuvent pas les voir. Bon ils précisent : le gouvernement chinois et non les citoyens. Mais ils se reprennent souvent à deux fois pour le dire. Comme les français avec les ricains… mais là le malaise est plus profond. Plus d’un millénaire d’occupation les ont rendus sensibles au sujet. Aujourd’hui encore ils me disent tous que les chinois tentent d’imposer leur hégémonie sur l’Asie du Sud-est et ils n’en veulent pas. N’allez pas dire qu’au Vietnam on parle mandarin ou qu’on utilise les caractères chinois, sinon vous serez privé de karaoké !
Dans mes tentatives d’éclaircissement, j’ai été surprit de constater que ma génération ne connaissait quasiment rien aux dernières guerres, mélangeant même l’ordre d’apparition des occupants (« c’était qui en premier, les américains ou les français ? »). J’ai logé une petite semaine à Hanoï chez Long et sa famille. Les grands-parents étaient peu loquaces sur la présence française, malgré les médailles de guerre, quelques photos, et les casques de l’époque accrochés au porte-manteau. Le père, parlant un peu français, ne semblait pas vraiment intéressé par le sujet. De manière générale, les gens n’en parlent pas, même si j’amène le sujet avec grande finesse^^. Pour Mi, une guide Hmong très petite et très drôle du Nord-ouest, c’était pareil, le passé c’est le passé. Ce n’est pas tabou, « on n’oublie pas » me disent-ils, mais on n’en parle pas. Mais je reste très étonné de voir que les nouvelles générations s’y connaissent moins que moi dans l’histoire de leur pays… Attention les gars, quand on oublie, l’histoire tend à se répéter. En tout cas ces guerres semblent avoir laissées de plus grandes séquelles dans le monde occidental qu’ici. S’il y a encore quelques ressentiments cela semble être entre le Nord et le Sud. Un guide de Saigon au sud était clairement pro-américain, anti-coco et peu flatteur des vietnamiens du nord, peu friendly selon lui. Mais c’était bien le seul à penser ça sur tous les méridionaux rencontrés.
Dans le même ordre d’idée, très peu ont entendu parler de tous ces films américains bien qu’ils soient cités sur tous les t-shirts à touristes. Et à me promener dans la boue, le froid, le brouillard, la brume, la jungle du nord-ouest, j’ai pu imaginer un tout petit peu ce qu’a été cette galère, ce bourbier. « Putain de guerre, on était trop jeunes », « t’as raison Jimmy, fuck ».

Street food à Saigon, des mangosteen.... trop bon.

Allez, on arrête de deviser sur les armes à feu (un débat avec la NRA me paraitrait plus pétillant), la censure et les animosités entre les  peuples, parlons bien, parlons vrai, parlons goûts et saveurs.
Si vous vous souvenez bien, dans mon post sur la Chine, je me languissais d’un bon dessert à la française. Rrrrhhh… Comme l’a dit Charpi au pays du fromage et du vin, on est aussi les meilleurs pour les pâtisseries en tout genre. Eh bien là j’ai retrouvé un bout de France mes amis. Et ça réchauffe les papilles et l’estomac. Car au Vietnam on mange bien. Pays à touristes, on s’assoit pour les repas, on trouve de la nourriture de tous les horizons, et la cuisine locale est également très bonne et assez diversifiée. Ce qui n’était pas forcément le cas les six mois précédents.
Et avec Long j’ai été servi. Ce mec adore manger ainsi que ses amis. En fait à Hanoï je n’ai quasi rien visité, on n’a fait que manger. « Are you hungry ? » n’arrêtait-il pas de me répéter, il l’a même écrit sur ma guitare. Il m’avait aussi préparé une liste des mets locaux à découvrir, que je devais checker. Je n’ai pas pu tout remplir. Mais cette passion de la nourriture n’est pas propre à lui, j’ai l’impression que tout le monde mange un peu tout le temps ici. Comme les ricains, mais en plus petite quantité et avec des aliments plus sains. Et les occidentaux s’y mettent sans sourciller, notamment les voyageurs qui ont le mal culinaire du pays, qu’ils soient auparavant passés par l’Inde ou la Chine, deux pays où l’on ne mange pas trop mal.
Avant de me coucher le premier soir, et après avoir prit un ultime repas vers 23h, Long m’annonce « demain on se lève à 6h30, on va déjeuner avec les potes et on rentre se coucher. » J’ai du déclarer forfait pour fracture de fatigue, mais je me suis rattrapé par la suite je vous rassure. Voila comment on passait le temps : on mange un petit truc dans une gargotte du coin, on fait une petite demi-heure de motorbike pour trouver le spécialiste d’un nouveau plat, on l’enfile, on reprend le guidon et on enchaine. Parfois, sur un malentendu on visite un temple ou un marché si celui-ci se trouve sur la route du prochain street food. Comme je vous le disais on trouve au Vietnam quelques bons desserts : gâteaux au chocolat, crème brulées, glaces… je suis fier de ces traces françaises, du beau boulot les gras.
Mais, en se promenant dans les rues, il faut surtout prendre le temps de gouter aux spécialités locales. Au-delà du riz (il en existe plusieurs sortes bien sûr), la base est le Pho que l’on trouve un peu de partout, des noodles de riz, du bœuf (ou autre), quelques herbes ou soja, du piment, du gingembre etc. dans un bol de soupe, et c’est parti, avec les baguettes si t’es bon. Vous trouverez également les Banh Bao cités précédemment dont certains raffolent, mais c’est pas évident, ils faut arriver à les choper quand ils se promènent dans la rue sur leur carriole bricolée de bric et de broc. Quoi qu’il en soit il est impossible d’avoir faim dans ce pays, il y a des vendeurs de tout et n’importe quoi tous les trois mètres.
Pour citer quelques plats, je vous recommanderais les différents nems, les Pho de toutes les sortes et à toutes les sauces, les rouleaux de printemps, les cakes salés (aux crevettes par exemple), les « escargots », les œufs de canards, les hot pot… Pour les douceurs, les Chè, des soupes au lotus, banane, haricots noirs et autres ; les yaourts au riz fermentés, les gâteaux à la noix de coco, certains beignets,… Les fruits ne sont pas en reste avec en haut du podium la Mangosteen, le queen of fruit, délicieusement sucrée. Dans le delta du Mekong, il y a des dizaines de fruits exotiques différents que l’on trouve à porter de main en se promenant près des bras du tentaculaire fleuve. Excellent ! Et il parait que les cafés sont très bons, mais j’aime toujours pas.
Pour couronner le tout, Long, qui revenait de quatre mois passés à Montpellier avait ramené du nougat, des marrons glacés qu’il n’aimait pas quelle aubaine, de la confiture de marron, du calendos et son padre, médecin, s’était vu remettre quantité de bouteilles de vins par des patients voulant lui faire comprendre qu’ils aimeraient passer en priorité sur le billard. Avec une baguette et un pain au chocolat presque authentiques, je me suis fait une bonne remise à niveau.
Voila, au Vietnam on ne fait plus la guerre, on mange et on le fait bien.

Frelon d’or : Cette petite semaine passée avec la troupe de Long, à enchainer les tours en motobike, les restos, les tours en scooters, les street food, les tours en deux-roues, les repas à la maison… tout ça dans le joyeux décor bordélique d’Hanoï.
Pompe à vélo : comme dans la majorité des pays traversés jusqu’ici, la galère des locaux pour se procurer des visas pour les eldorados que sont l’Europe, l’Amérique du Nord ou l’Australie.
Fun de la semaine : ils sont très bons dans ce gouvernement. Ils ont tenté de passer une loi consistant à interdire aux personnes de moins de quarante kilos de conduire des scooters, prétextant qu’ils ne seraient pas assez forts physiquement. Beaucoup plus fort, pour les mêmes raisons, ils ont pensé faire une loi équivalente pour… les petits seins ! Si t’as une petite poitrine c’est que tu es faible, logique. J’imagine surtout les contrôles de police… « Bonjour madame, contrôle de vos papiers et de vos boobs, permettez que je tâte le matériel ». Un bon moyen d’attirer du monde dans la police en tout cas, fins recruteurs les chefs ! Et pour conduire les poids lourds, y’a des mensurations minimums pour les slibards des mecs ?

Benjo

PS Musical de Benjo : Against the wind, de Bob Seger & The Silver Bullet Band
PS Musical de Charpi : Primitive, de Roisin Murphy



23 janv. 2013


Bangkok choc 2 : sorties culinaires

Deuxième embardée dans l'univers thaï, version gourmet cette fois-ci. Il faut le dire en Thaïlande on se régale et pour vraiment pas cher. C'est tropical et comme souvent sous les tropiques les mélanges sucrés salés ont la part belle. La cuisine est aussi épicée peut-être pas autant qu'a Chengdu comme l'avait écrit précédemment Benjo mais tout de même. Et puis les fruits bien sûr : merveilles de la nature, couleurs, gouts, tout y est pour s'envoler.
Bref voila ce que je voulais vous dire sur la cuisine thaï. C'est complet, précis et concis.
Biiiiiiiippppppp. Allez je vais vous en mettre une couche de plus, quand même !
En Thaïlande, la base de l'alimentation c'est le riz sticky ou steamed comme ils disent. Il est très souvent couplé avec du poulet ou du poisson frit recouvert de deux centimètres de sel. On mange aussi de la saucisse grillée et ça j'avoue que ça fait plaisir après la série de pays en zone musulmane de remanger du porc décemment cuisiné. Le poisson et les fruits de mer faut surtout y tâter sur les cotes, dans les iles. Mais Bangkok, tu peux trouver ta vie. J'avoue que malgré ma nette préférence pour la nourriture maritime je ne me suis pas trop encore laissé tenter. Je suis en panne de cash depuis quelques jours et le poisson est toujours un peu plus cher, même ici.
Hormis la nourriture elle-même, c'est plutôt les lieux et la façon de manger des thaïs qui sont  intéressantes à découvrir. Comme souvent à l'étranger, le repas tel qu'on l'entend en France n'existe pas. Ici on mange tout le temps et partout. Deux raisons a cela : primo on trouve des shops un peu partout dans les rues, ce sont les fameuses "streets food" et segundo le prix bien sûr. Quand pour un euro vous pouvez manger un plat complet, vous avez une furieuse tendance à les multiplier tout au long de la journée.
Le mieux pour introduire à la gastronomie thaï c'est de partir dans ces lieux qui pour moi apportent plus sur la vie de la Thaïlande contemporaine qu'une quelconque ile paradisiaque qui doit sa renommée a un film (et toc).

Street food : bon ap'

Les "streets food". A Bangkok, il n'y pas de rue spécifique. Chaque avenue, rue, allée est potentiellement un espace pour que se développe une série de baraques à grillade, à soupe, à noodles ... Vous pouvez les trouver au pied des centres commerciaux, occupant tout l'espace du trottoir. Les odeurs ne vont pas vous quitter. Si vous vous balladez ça ne sent pas le pot d'échappement, ça sent la friture, la poisscaille, parfois les deux en même temps. Attention à la nausée. Moi j'aime. Je ne sais pas, ça ne s'explique pas.  Dans une street food, vous tâtez du thaï et de tous les horizons pas seulement de l'urbain natif. Des mecs et des nanas venus de la campagne. Tout ça se ressent dans l'ambiance particulière que créé les streets food. Familial et bon enfant. En France, vous pouvez retrouver ce genre d’atmosphère éventuellement dans le nord dans une baraque à frite (et je ne parle pas d'une fille). Qu'il fait bon de trainailler la nuit tombée dans ces rues un peu glauques mais où l’on se sent vivant parce que ça braille, parce que ça pue, parce que les chiens errants se mêlent aux chats qui se mêlent aux badauds et tout ça est enveloppé dans les odeurs de céleri, de riz, de soupe épicée ou de la traditionnelle salade de papaye. Alors bien sûr les ambiances sont différentes selon les quartiers. A Khao San par exemple vous aurez plus l'impression de vous baladez dans une rue de Manchester soir de match genre urine, bière et slung (argot). Pardon amis anglais. Dans le secteur de Siam où règne consumeror vous aurez droit à du haut talon aiguille et de la chemise vichy mocassins. Si vous voulez du thaï, il faut aller là où les touristes ne vont pas ou pas trop.
Un des ces endroit très prisés des thaïs ce sont les centres commerciaux. Alors je mets de côté l'aspect "temple de consommation", j'y reviendrai plus tard. Concentrons-nous sur la bouffe. Un des aspects les plus sympas de Bangkok est que chaque, je dis bien chaque, centre commercial possède en son sein un food center. Ce sont les endroits qui te proposent le meilleur rapport qualité/prix de tout le pays. Ils servent aux employés. C'est malin il faut les garder plein régime pour la vente. Mange bien et pas cher et tu seras heureux de travailler comme un nav'. L'avantage c'est que tout le monde en profite. En voila une idée qu'elle est bonne. Tu viens faire du shopping et tu peux manger juste à cote pour pas cher. Comme les prix sont bas tu te dis pourquoi pas consommer un peu plus... no comment. Affecting et marketing quel beau mariage de merde. A part ça j'avoue que c'est un super moyen de s'imprégner de la richesse de la nourriture thaïe. Les stands sont nombreux, vous créditez des coupons (valables une journée) ou une carte du centre commercial (valable trente jours) et vous vous présentez aux différentes officines qui vous aguichent la panse. Si vous avez crédité de trop, pas grave on vous remet la différence en cash en échange des coupons ou de la carte. Imparable. Tout le monde vient ici, des buveurs de lait aux séniles. Moi j'avoue que l'Emporium Center, dans le quartier de Thong Lor, a ma préférence et j'en ai fait ma cantine. La vue est sympa, sur un petit parc. Si vous venez en Thaïlande vous ne pourrez pas résister à la folie de dépenser, pensez à la pause déjeuner. Maintenant vous savez où aller.

Poiscailles ! Bon ap'

Les marchés. Depuis qu'on a quitté la France. On en a fait des kilomètres dans les bazars, les marchés de nuit, aux bestiaux, aux fringues, ceux du week-end... Bangkok n'échappe pas à la règle. Certains quartiers sont des marchés open-air permanents. Celui de Chatuchak dans le nord ne se tient que le week-end. Tout se vend ici du serpent au démonte-pneu (que d'allusions phalliques, c'est venu comme ça pardon). Et bien entendu il faut nourrir son monde. Là aussi vous pouvez trouver votre bonheur en vendeur de jus frais, en soupe de poisson, en brochette de crevette, de porc et de saucisses... Certains marchés sont uniquement alimentaires. Près de mon hôtel, il y en a chaque matin : faut pas être effrayé. La viande à même l'étalage avec les moumouches, le poisson dans un vulgaire cageot avec trois glaçons pour maintenir la fraicheur. Les premières réticences passées vous sautez dessus : une vingtaine de banane a cinquante centimes d'euros. Deux ananas bien sucrés pour trente centimes d'euros. Quelques aberrations, conneries mortifères du commercial mondial, vous trouverez aussi des fraises grosses comme mon poing et vide... de sens. Des pommes du Chili. Et je mets au défi quiconque de prendre la cagette et de me dire quelles sont les différences entre les pommes. Impressionnant, le conformisme va même jusqu’à toucher les fruits maintenant. Moi ça m’a fait un peu mal au cœur parce que question fruits ici ce n'est pas ce qui manque. Pas besoin de ces merdes enrobées de fond de teint. Côté légume me direz vous, on trouve un peu les mêmes que par chez nous mais la cuisson est différente. Les thaïs aiment manger le légume mariné, spécialement épicé et salé. Que ça soit le concombre, le céleri, l'asperge, les épinards, le chou ou les carottes. Dans les rues ils te vendent des petits sachets ou marinent la préparation. Ça sert aussi d'accompagnement pour le riz et la viande du jour.
Je ne suis pas trop fan, ça manque cruellement de raffinement et surtout, surtout tu craches du feu par tous les pores. En effet, un des aspects de la cuisine thaï est d'être épicée. Il faut se carrer dans l'oignon que pas épicé en thaï on dit mai phe (prononcer maie pe). Ça sauve une nuit, et du papier toilette. J'aime épicé mais il y a un point à ne pas dépasser. Au delà tu ne sens plus les autres aliments, tu perds les gouts pour un seul et unique. Je ne vois pas l'intérêt. Et il faut se méfier car quand un thaï te dit ça va ce n'est pas trop épicé tu peux être sûr que ça va l'être pour quelqu'un qui n’a pas l'habitude.
Bon pour éteindre le feu, tu as le choix aussi. La Thaïlande n'a pas échappé à la folie des smoothies. On trouve aussi les lassi (mix fruit-yoghourt). Les fruits pressés, faut bien leur expliquer trois ou quatre fois pour pas qu'ils te servent de la brique. A Khao San, ils te prennent tellement pour un con de blanc portefeuille sur pattes qu'ils annoncent fruits frais et ils te servent du jus en brique. De toute façon tu le vois direct au prix si c'est bidon ou pas et encore. Même dans les gargotes thaïes, je dois demander de ne pas mettre du sirop, du sucre et trois tonnes de glaces. Un des marchands dans une petite rue que j'adore a littéralement halluciné quand je lui disais d'enlever ça et ça. A la fin il m'a demande pourquoi je ne mangeais pas directement l'orange. Mais mec je veux avoir le choix ! Il n’a pas comprit.
Autre boisson très consommée et celle-là c'est le top : la noix de coco. Tu as tout là dedans : l'eau bien sûr, mais aussi la pulpe, du fer, du magnésium, du potassium, des acides gras, du zinc, du cuivre, du phosphore bref c'est un fruit très riche. Les vendeurs pullulent mais mon préféré c'est celui qui se trouve à l'une des entrées du marché du weekend de Chatuchak. Le mec est habillé comme Rambo dans la Mission sauf qu'il est thaï. Il hurle pour aguicher le client et quand il en tient un, il prend direct la coco, son hachoir et se met à pousser des cris a chaque fois qu'il coupe. Poilant.

Un peu moins glamour, mais quand même, Bon ap'

Côté alcool. C'est un peu le parent pauvre. Des bières. Trois reviennent souvent : la Chang, la meilleur dans le pire, la SingHa et la Leo (ils l'ont appelé comme ca suite au film "la plage" avec Leo justement). Non je déconne j'en sais rien mais une chose est sur elle est à l'image du film DAAAAAGGAAAALLLAAASSSSSSEEEEEEE. Un soir je suis sorti avec toute une troupe : deux anglais, un de ManU l'autre du Sud, un belge, deux chinois, un suédois, une taiwainaise et une anglaise. Bon on a gouté une espèce de tord-boyaux local (que j'avais déjà testé). Un mélange de whisky et de soda. Ici ils aiment ça surtout dans les couches populaires. C'est pas cher. Tout le monde y a gouté sauf moi et l'anglaise. Je me dis que les deux anglais et le belge vont quand même se rendre compte de la supercherie. Non du tout c'est à l'heure gout. Putain le mec il vient du pays ou on fait les meilleures bières du monde et il aime cette lavasse. Pour les anglais, que l'on sait de naissance alcoolique, passent encore. Résultat toute la tablée me fait la morale parce que je consomme une bière et pas un vrai truc de mec. Là je leur explique que je viens de Guadeloupe et que rien ne vaut un bon rhum agricole. Au même moment l'anglaise s'éclaire, me tape sur l'épaule et dit a tout le monde "voila ce que c'est un vrai mec". Elle est d'origine jamaïcaine. Le genre de meuf à vous faire aimer la perfide Albion. N'empêche après ça Mathieu 1 - reste du monde 0. Le belge insiste "ouais n'empêche on n'a pas de rhum ici alors boit". Mec on n'a pas d'alcool non plus... Ce fut une cool soirée que j'ai terminé à quatre plombes du mat’ avec l'anglais de ManU à gratter de la guitoune. Vive l'Angleterre !

Cote douceurs sucrées. Passe ton chemin si t'es français. De toute façon nous sommes les meilleurs et de très loin. Mais ils font des desserts plutôt curieux mélangeant des bananes légumes, des beans, du riz avec de la coco. Des espèces de gelée dont j'ai encore du mal à évaluer de quoi elles sont faites. Y’a les classiques glacées. Ils osent les crêpes parfois mais à l'eau et ils ne laissent pas reposer... du caoutchouc. Dans la rue ils te font des beignets, des donuts, des espèces de gaufres et puis il y a cette curieuse friture en forme d'ovalie et fourrée à la coco... ça pourrait ouais ça pourrait mais non c'est fadasse. Comme si le dessert leur servait d'extincteur après le plat principal. En fait c'est peut-être ça. Tout simplement. Alors que nous il sert justement à enflammer le repas, le sublimer. On ne doit jamais bâcler la conclusion, c'est la dernière impression que tu laisses.

Le frelon d'or : la variété de la cuisine thaï, la possibilité de manger partout, pas cher et toujours en super compagnie. A table, enfin à table, à côté d’un parc sur un tabouret ou une planche de bois, les thaïs sont tout heureux de voir des étrangers dans leur quotidien.
La pompe à velo : c'est lié indirectement à ce post. La démesure de certains vendeurs avec leur alcool whisky soda. Ils se peintent pour certains toute la journée. Au pays du bouddhisme, la voie du nirvana est de plus en plus parsemée d'éléphants roses. Tu me diras ici l'éléphant est sacrée comme la vache en Inde. Chez nous ça fait longtemps que la vache ne sert plus un whisky quand tu rentres vanné de ta journée de boulot (euh c’est limite ça encore une fois, mais on est d’accord, c’est en référence à l’Inde).
Le fun de la semaine : Une des marchandes chez qui je vais me remplir parle anglais. Ca permet de faire connaissance. Un soir je me pose, on discute en attendant ma commande. C'est tard. Elle me fait gouter à deux-trois trucs. Et là elle fait des yeux comme des billes en me voyant manger avec mes mains tout ce qu'elle me propose. "Première fois que je vois un étranger manger avec ses doigts, d'habitude ils vous faut une cuillère, une serviette, une assiette..." Moi de lui répondre "Tu sais je suis sûr de mes mains, de ta nourriture beaucoup moins". Encore une thaï qui voulait me cogner ^^. 

Charpi

PS Musical de Charpi : Express yourself, de Charles Wright
PS Musical de Benjo : Me and Bobby McGee, de Janis Joplin        

17 janv. 2013


Bangkok choc 1 : les transports

De longues semaines au placard à revitaliser ses forces. Pas sûr. Malade depuis plusieurs semaines je n’arrive pas à me dépatouiller d’un rhume et d’une toux. Tu vas au bout du monde tu croises mille dangers et mille façons de choper des merdes bactériologiques. Tu te vaccines, tu consommes du médoc comme du petit lait et c’est une simple sinusite qui te cloue.
Bwef comme vous le savez avec le Benjo on s’est quittés. Oh pas pour toujours mais cela nous permet le temps d’une parenthèse de vivre les choses différemment. Pas mal d’aventures depuis notre séparation pour lui comme pour moi. Dans ce post, pardon dans ces posts je vous emmène dans un voyage dans le temps via planète Bangkok, je danse le...
Pas évident d’évoquer l’ambiance d’une ville en quelques lignes. On écrit des livres, on réalise des docus et des memos. Je me demandais bien comment j’allais avancer. Je vais la jouer thématique. C’est décidé. Et puis comme beaucoup sont déjà venus sentir la modernité et la décadence de ce Léviathan urbain, j’attends avec impatience vos commentaires.
Un choc. Voila ce que fait Bangkok, elle martèle corps et esprit. On aime ou pas. Moi perso je déteste la ville. Je ne suis pas un urbain. Le béton ça n’a jamais et ça sera jamais mon kiffe. Par contre j’adore m’immerger dans ces ambiances pour en ressortir quelque chose à écrire. Finalement j’ai loupé un créneau. Quoique je le fais pour vous et pour moi après tout.
Faut bien commencer par une rubrique et c’est la première à laquelle j’ai été confronté quand je suis arrive du nord. Bim ! Mo chit 2 terminal nord 5h00 du mat. Les bus sont coooolllll ici, du moins les longues distances tous repeints, des graf'mobiles en quelque sorte. Certains ont des supermans, d’autres des constellations. Bwef on a l’impression d’être à la pointe du réseau. Sauf pour les bus urbains eux on sent clairement qu’ils ont gardé les couleurs et le confort seventies.
Pour les bus longues distances, surtout en cette haute saison, tu te retrouves parfois dans des bus entièrement composés de petits blancs comme toi. On parle anglais en Thaïlande ? Ah bon ! Les bus VIP comme ils les nomment. Alors je ne sais toujours pas mais j’ai la nette conviction qu’il y a carrément un réseau parallèle, voire même un complot. Comment ca se passe ? Tu arrives dans un terminal et là tu as une dizaine d’officines qui te proposent ton trajet mais toutes t’orientent vers celle portant la mention VIP. Je ne pense pas que ça soit grâce à mes frusques et mon sourire 22 bis que j’ai droit à ce sésame. Surtout que tu te rends vite compte que le tri se fait entre thaï et touristes. Impressionnant. Une fois dans le bus, c’est du classique : clim’ à fond (raison de ma maladie permanente), la télé avec des clips pop thaï et puis des incitatrices comprendre des miss sourires si peu sincères que t’en oublierais presque que tu es justement au pays du sourire. Le plus drôle c’est que le conditionnement est incroyable dans ces bus où tout est programmé, surtout ceux de nuit. La télé fonctionne jusqu’à 22h même si tout le monde a envie de dormir. Jai essayé d’être délicat mais au bout d’un moment tu abandonnes et tu regardes ça avec une envie de tout casser. A minuit annonce micro, les lumières se rallument : c’est la pause repas. La première fois tu descends hagard et tu suis la foule. La deuxième tu ronques et tu t’en steak. Ensuite, tu peux dormir jusqu’au petit matin avant d’enchainer cinq ou six connexions, on dispatche, personne n’a la même destination alors on regroupe avant d’éclater et ça dure, dure mais tu en rigoles à force. Et de voir tous ces touristes un peu paumés moi ça me suffit.


A Bangkok, les bus c’est autre chose. Je n’ai pas encore bien compris le système. Certains tu payes d’autres c’est gratis mais pour savoir qui est qui il faut être initié. Ils vont partout et sont peu chers. Pareils il y a de la clim’ mais y’a surtout du thaï, de l’authentique et ça c’est fun. Dans ces bus vous verrez toujours un couple : le chauffeur et la vendeuse de tickets avec une boite cylindrique. Elle te vend un ticket qu’elle aura déchiré préalablement cinq ou six fois. Encore aujourd’hui je me demande pourquoi.
Y'en a plus beaucoup des cyclistes... mais ils sourient !
Parfois à peine tu descends du bus et tu as un mec d’un mètre cinquante max qui se jette sur toi avec hello my friend, how are you ? where are you going ? i can help you ? Tu n’as pas répondu que déjà il a mis tes bagages sur son tuk tuk. Eh oui, la folie ces tuk tuk. Y’en a partout en ville mais surtout dans les zones où il y a du touriste. Le tuk tuk c’est folklorique mais c’est cher si tu veux aller où tu veux, dangereux et ça va plus vite. Tous les inconvénients et pourtant ils sont tout le temps pleins parce que une fois dedans c’est un voyage à lui tout seul. Les champions de l’arnaque déguisés en jolie package c’est eux. Ils ont d’incroyables histoires pour vous faire monter faire un tour. Alors le tour coûte environ un euro et prend deux à trois heures. C’est une arnaque pas chère. Près des sites que vous voulez visiter y’en a toujours un pour vous dire "non mais c’est fermé aujourd’hui, fête bouddhiste, ou c’est l’heure de la prière..." Je me suis fait avoir comme une bleusaille. Je sais qu’il faut vérifier, tu le sais merde qu’il faut aller à l’entrée du site et demander, croiser les sources. Mais tes là avec ta copine, c’est pas cher si tu vas où ils veulent, alors tu te dis bon après tout pourquoi pas.
Résultat tu visites des sites prévus dans le circuit mais tu fais aussi la tournée des tailleurs du coin (pour monsieur) et des bijouteries (pour madame). Les tailleurs indiens et les bijoutiers mi-juifs mi-chinois. Tous de mèche. Ils payent la gasoline aux tuktuks pour qu’ils leurs emmènent de la clientèle. C’est à mourir de rire. Chez le tailleur dès que je montrai un quelconque intérêt pour une coupe ou une couleur, le mec m’annonçait direct le prix et la réduc, pour toi mon ami rien que pour toi. Rien que pour moi tu me la ferais pas gratis ? Pas d’humour l’indien. Côté bijouterie c’est pas mal on se laisse tenter, comment en serait-il autrement. Je demande pour une boucle d’oreille or blanc 18 carats (pour à peu près 70 € la paire en France vous avez quelque chose). La vendeuse me regarde et avec son sourire légendaire me dit 12 000 bahts la boucle d’oreille (environ 300 €) pour une 14 carats. Bah voyons.

Apres ce coup fumeux, tu peux prendre les taximeters. Colorés eux aussi avec une dominante pour le rose. La aussi il y a quelques astuces pour pas se faire enfumer. Car c’est un combat régulier pour leur faire comprendre que taximeter signifie, deux points ouvrez les guillemets : « la course est décomptée par le meter ». C’est gavant parce que t’es blanc, le mec pense que t’es blindé. A force tu deviens méfiant et parano avec tout le monde. Maintenant je rentre dans le taxi je lui dis la destination et s’il ne lance pas le meter au bout de cinquante mètres je descends au prochain arrêt. Une fois je me rappelle j’en ai même fait criser un. Il faut quand-même rappeler que la Thaïlande est un pays majoritairement bouddhiste, les gens sont calmes et s’énerver est vu comme un déshonneur. Pas peu fier le Gabert. Ceux qui me connaissent savent à quel point j’ai un talent incomparable dans ce domaine malheureusement ça rapporte que dalle à part des emmerdes. Pas super pour croûter.
Nous voila partis avec ma belle, direction l’office d’immigration, on se prend un café dans un lolo. Le Gus nous le dit tout net, attention aux taxis parfois ils vous font passer par l’autoroute et vous payez soixante bahts en plus aux autoroutes, demandez lui de passer par le voie normale... Dix minutes après ca manque pas. Je le signale au taxi, gentiment avec classe et dignité^^. Boum le mec ressort des biftons de sa poche et se met à beugler en thaï. Je comprends rien à part que le mec voulait simplement nous faire gagner du temps. Un taxi honnête, avouez que ce n’est pas commun. Résultat, il faut parfois être bon perdant. On reste avec lui jusqu’au bout et on le paye rubis sur l’ongle. A la limite de m’excuser de pas pouvoir lui donner plus.
Le train est aussi une belle expérience. Nettement plus hygiénique que la chine (je ne vois pas comment on peut faire pire). Mais faut du temps. Parfois deux arrêts sur cent mètres. Ça roule dans la campagne, fenêtres ouvertes parfois tu manges des cendres d’un écobuage local. Mais c’est vraiment le moins cher et puis pour être au plus près des thaïs y’a pas mieux. Je l’ai testé de retour du Cambodge après avoir renouvelé mon visa et j’avoue que je n’ai pas été déçu. Des cambodgiens venus voir leur famille de l’autre côté, des joueurs ruinés par les casinos de Poipet (j’y reviendrai), quelques touristes, des vendeurs de saucisses et boulettes de viandes. Bref un petit monde.

Le vélo. Le quoi ? Ouais tu sais le truc qu’on loue aux touristes parce que ça fait cool de se rappeler qu’on a des jambes et qu’on peut se déplacer avec. A part ça t’en vois très très peu.
Non question deux roues, celui qui tient la dragée haute c’est le motorbike. Chaque thaï ou presque en a une et puis elles servent aussi de taxi au moment des embouteillages (c’est a dire tout le temps^^). Ce n’est pas plus cher (ça dépend de ta couleur de peau) et pratique. Débouler à 70km/h sans casque sur les avenues, c’est fun.
Tu as encore du choix. Eh ouais mec. Bangkok c’est quinze millions d’habitants peut être plus (ça fait longtemps que dans les villes comme Bangkok on a arrêté de recenser). La ville s’étend sur des kilomètres. Résultat tu as le métro, le BTS (métro aérien) et deux autres lignes de métro aérien spéciales pour l’aéroport. Rien qui fasse sauter une braguette, tu peux retrouver ça dans d’autres villes. Le plus marrant c’est à l’intérieur que ca se passe : surclimatisés, tv débile et hypnotisante, les usages avec Samsung, Iphone et autres tablettes. Spectacle délirant de l’individualisation systématique voulue par qui ? Par tout le monde ? Bref c’est froid, sans âme. Ça fout les jetons. Et pourtant, la Thaïlande est relativement tolérante en matière de mœurs. Quand tu prends le temps de regarder les gens dans le métro tu vois la variété, la couleur mais plus personne n’ose parler à personne excepté par procuration. C’est rassurant tu peux couper quand tu veux. Tout le monde peut jouer un peu à Dieu. Autre aspect qui fait flipper : avant d’entrer dans le métro tout le monde est aligné bien sagement, ça bouge pas même aux heures de pointe. Personne ne bouscule personne. C’est horrible ! Des automates. Au moins à Paris, la femme enceinte ne se sent jamais autant en vie une fois quelle a réussit à entrer dans le métro sans faire une fausse couche.
Partout tu peux voir des panneaux il est interdit de... et de... Tu oses même plus te moucher. Encore hier, j’avais soif. Soif merde ! Tellement vital. Pas d’eau alors je me sors un yaourt liquide juste devant un panneau : il est interdit de consommer et de boire sur les quais. Fais pas ci fais pas ça ou comment infantiliser en douceur.
Sur les quais des BTS, tu peux à certaines stations profiter d’immenses écrans avec comme tu t’en doutes des programmes éducatifs à propos de parfums, de vêtements, de tablettes, d’autres TV. J’adore ces pubs TV où l’on parle de TV. Ça tourne en rond, non ? Une qui est pas mal en ce moment à Bangkok : c’est un thaï jeune, beau, riche et avec une carte platinum et la pub te fais clairement comprendre qu’il emballe des miss grâce à sa carte. Putain mais mettez un vilain à la place s’il chope grâce à la puce magnétique !
Si tu as envie de changer d’air, tu peux toujours te faire une ballade sur les khlongs (canaux). Deux choix, tu loues un long-tail boat avec quelqu’un et tu t’arranges avec le pilote sur ce que tu veux voir. Second choix tu prends le bateau public. Très économique. Par contre n’oublies pas de prendre tes boules quies. Tu perds la moitié de ton audition en quelques minutes tellement le moteur est bruyant. Et t’as plutôt intérêt à être agile et rapide pour descendre sur les quais. Par contre c’est assez planant de voir la vie le long des canaux. Des vielles bicoques de bric et broc, des zones pour boxeurs thaï aguerris, des pécheurs, des espaces verts avec des thaï pratiquant les échecs chinois, des renoues, des cordylines, des crotons, ...  Bwef on se croirait presque à l’abri de la ville.
Finalement le meilleur transport pour découvrir l’âme d’une ville reste tes pieds. Mais ça sera pour une autre fois.

Le frelon d’or : Se poser dans n’importe lequel de ces transports pour une destination pas trop prévue à l’avance et engager la conversation ou simplement regarder défiler un morceau de la vie des gens.
La pompe à vélo : la clim’ et le comportement automatisé des gens dans les différents métros.
Le fun de la semaine : les gardiens aux portiques de sécurité du métro qui m’arrêtent dès que je me ballade avec la gratte alors que tout le monde passe. Au début inquiet que ça soit une kalachnikov, tout sourire quand je leur détruis gentiment un morceau célèbre.

Charpi

PS Musical de Charpi : Lenny, de Stevie Ray Vaughan
PS Musical de Benjo : Wafaring Stranger, de Emmylou Harris
PS littéraire de Charpi : La zone du dehors, d'Alain Damasio
PS littéraire de Benjo : (fake) Lonely Planet du Vietnam^^